Acheter une maison, c’est souvent découvrir bien plus qu’un simple espace de vie. C’est hériter d’une histoire, d’anciens usages, de choix architecturaux qui, aujourd’hui, peuvent sembler étranges. Parmi ces curiosités, il y a ce petit lavabo installé en plein couloir. Ni dans une salle de bain, ni dans une cuisine, mais là, visible, presque inattendu.
La première réaction est souvent la surprise. Pourquoi installer un lavabo dans un passage ? Était-ce une erreur ? Une rénovation inachevée ? Une fantaisie décorative ? En réalité, ce type d’aménagement possède des racines historiques profondes. Et comprendre son existence, c’est voyager dans le quotidien des générations passées.
Une époque où la salle de bain n’était pas centrale
Aujourd’hui, la salle de bain est une pièce essentielle, intime, bien équipée. Mais cela n’a pas toujours été le cas. Jusqu’au début du XXe siècle, de nombreuses maisons ne disposaient pas de salle de bain complète telle que nous la concevons.
Dans les habitations construites avant les années 1920–1930, il était courant d’avoir :
- Une seule pièce d’eau pour toute la maison
- Des toilettes séparées de l’espace de toilette
- Des points d’eau répartis stratégiquement
Le lavabo de couloir répondait à un besoin simple : permettre une toilette rapide sans monopoliser l’unique salle d’eau.
Le lavabo de couloir : une station d’hygiène pratique
Avant la généralisation du chauffage central et de la plomberie moderne, l’organisation domestique était différente. Les chambres se trouvaient souvent à l’étage, tandis que la cuisine et la principale source d’eau étaient situées au rez-de-chaussée.
Installer un petit lavabo dans le couloir proche des chambres permettait de :
- Se laver les mains
- Se rafraîchir le visage
- Se brosser les dents
- Se raser
Sans avoir à descendre ou à traverser toute la maison.
C’était un compromis pratique, économique et fonctionnel.
Une trace de l’évolution des normes d’hygiène
Le début du XXe siècle marque un tournant majeur dans la perception de l’hygiène. Les avancées médicales, les épidémies et la compréhension croissante des microbes ont profondément modifié les habitudes.
Les maisons ont progressivement intégré davantage de points d’eau pour encourager le lavage des mains. Un lavabo dans le couloir pouvait servir de rappel constant de cette nouvelle exigence sanitaire.
Il ne s’agissait pas d’un luxe, mais d’un outil de prévention.
L’influence des maisons bourgeoises et du personnel domestique
Dans les maisons plus grandes, notamment celles appartenant à des familles aisées, le lavabo de couloir pouvait aussi avoir une fonction liée au personnel domestique.
Les domestiques utilisaient souvent des couloirs spécifiques, et des points d’eau étaient installés pour leur permettre de :
- Se laver rapidement
- Nettoyer de petits objets
- Maintenir une présentation impeccable
Cela évitait l’utilisation des installations réservées à la famille.
Une architecture qui raconte le quotidien
Ce petit lavabo, aujourd’hui perçu comme étrange, était parfaitement logique dans son contexte d’origine. Il reflète une époque où :
- L’intimité était organisée différemment
- L’accès à l’eau n’était pas aussi fluide qu’aujourd’hui
- Les routines étaient plus fragmentées
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